(Clavecin de Jean-Michel Chabloz d'après un instrument historique français de 1769, avec peinture de couvercle d'Elizabetta Lanzoni, de Ravenne)
Histoire d'une passion pour les instruments à clavier
Mise à jour le 12.4.2010
Dans mon domicile familial trônait un piano, sur lequel ma maman jouait parfois. Dès l'âge de 8 ans, je me suis mis à en jouer à mon tour, cahin-caha (comme enfant, la discipline et la persévérence n'allaient pas toujours de pair avec le talent...).
Un jour, le vieux chanoine organiste de notre paroisse m'entendit et déclara tout net à mes parents: "...Il faut le fouttre à l'orgue !". Ce fut le début d'une brève carrière d'organiste; j'avais alors 15 ans et persévérai jusque vers 22 ans.
Au moment de quitter le cocon familial, un de mes frères, pourtant pas musicien du tout, me proposa de me prêter de l'argent pour m'acheter le piano de mes rêves... Quelques mois plus tard, après avoir passé une journée mémorable dans la fabrique de Sacile (près de Venise) avec son patron et concepteur pour voir mon instrument en construction, je me retrouvai, dans ma chambre d'étudiant de 4 m. sur 5, avec un piano à queue Fazioli flambant neuf...
Plus récemment, mon activité de musicien amateur prit une nouvelle orientation: chant, direction chorale (notamment dans le domaine de la musique ancienne), laquelle m'éloigna quelques années des instruments à clavier.
Ces derniers se rappelèrent à mon bon souvenir et me sommèrent de m'y remettre... Un concert de nouvel an à Rougemont avec clavecin en 2003 (Pierre Hantaï au clavecin et ses 2 frères au traverso et à la viole de gambe) me fit découvrir ma nouvelle vocation, le clavecin. Cette "révélation" correctement interprétée, le passage à l'acte ne se fit pas attendre: je me mis immédiatement et assidûment à jouer de cet instrument, grâce à la générosité de la claveciniste/organiste montreusienne Martine Reymond, laquelle me prêta l'un de ses propres instruments, le temps de passer commande de 2 grands clavecins à 2 claviers d'un coût de quelque 120'000 francs (pour les deux, rassurez-vous).
Je dus m'armer de patience et attendre une année et demi que mes bijoux me soient livrés, tout en faisant la navette entre les ateliers des deux facteurs, histoire de suivre pas à pas leur fabrication et connaître mes futurs instruments "de l'intérieur". Magnifique aventure: découvertes, mais relations humaines aussi, apprentissage simultané de tant de choses...
Certaines méchantes, mais alors très méchantes langues, sussurent en ricanant des "C'est pour quand le troisième clavecin ?", ou, pire encore "Après, ça sera un orgue ?". Pffff... La maison n'est pas vaste à ce point, mes revenus financiers suffisamment modestes pour qu'il me faille quelques annnées pour me payer cette folie. En outre, il faut laisser encore un peu de place au public de nos concerts, car n'oublions pas que ces instruments, si je m'en délecte avec plaisir, sont régulièrement joués dans le cadre des "Concerts à la Goulue" (voir le menu correspondant), mais aussi à l'extérieur, où ils sont assez régulièrement loués.
Mais il faut bien admettre que parmi les méchantes langues, certaines ne me connaissent que trop bien... et on fini par avoir raison ! En effet, j'ai craqué début 2009 pour un magnifique virginal dont vous découvrirez l'aspect, la description et l'historique ci-dessous...
...Puis ce fut le tour d'une adorable petite épinette italienne, d'après un instrument du XVIe siècle, fabriquée en 1982 par Bruce Kennedy. Cet instrument, en cyprès, n'était pas en très bon état lorsque je l'ai acheté d'occasion. Jean-Michel Chabloz, l'un des ...3 facteurs de mes clavecins, en a fait une révision complète, et je lui ai fait fabriquer une caisse pour l'y mettre, comme ça se faisait à l'époque avec les instruments italiens.
En 2009, un jeune musicien, dont les problèmes de santé l'ont soudain empêché d'en jouer, se séparait douloureusement d'un organetto médiéval, un instrument réalisé d'après un modèle du XVe siècle sauf erreur, petit instrument d'une octave et une quinte, qui se pose sur un genou, dont on actionne le soufflet d'une main pendant que l'autre joue le mini-clavier.
...Dernière étape: en ce mois d'avril 2010, j'attends avec impatience la livraison de ce qui devrait être le dernier instrument de ma collection personnelle: un orgue-coffre de continuo, à 2 registres, très compact et léger, lequel, comme son nom l'indique, n'est pas destiné à être joué en solo, mais pour l'accompagnement d'instruments, ensembles instrumentaux et oeuvres d'oratorio avec chanteurs et instruments.
Avec ainsi 4 clavecins et deux orgues, ma collection sera complète et il n'y aura plus de place pour ajouter quoi que ce soit comme instruments de cette famille dont les membres sont le plus souvent de taille respectable.
Par contre, il reste un autre chapitre: le clavecin français d'après un instrument original de Pascal Taskin, ainsi que l'épinette italienne, ont bénéficié d'un ajout dont l'attrait n'est qu'esthétique, mais il en valait la peine: ce fut l'occasion de découvrir la peintre de Ravenne Elisabetta Lanzoni, dont la qualité de ses peintures de couvercles de clavecins est somptueuse. Vous pouvez vous en faire une petite idée sur les photos des instruments. Cela m'a valu ...3 voyages à Ravenne pour voir réaliser ces merveilles, découvrir la personne et ...l'extraordinaire ville de Ravenne et ses sompteuses mosaïques de type byzantin.
Or donc, chers amis mélomanes, vous pouvez venir écouter ces instruments en concert, et, pour les musiciens, si le coeur vous en dit, ils sont à votre disposition pour venir y travailler, voire, s'agissant des meilleurs d'entre vous, pour venir vous y produire en concert dans le cadre des "Concerts à la Goulue".
Mais voici le pedigree de ces 6 instruments, avec tous les renseignements nécessaires les concernant:
Intéressés ? Alors contactez-moi (beffa@enromandie.net)
Nous vous souhaitons de belles découvertes avec ces instruments merveilleux...