Histoire d'une passion pour les instruments à clavier
Mise à jour le 15.2.2008Dans mon domicile familial trônait un piano, sur lequel ma maman jouait parfois. Dès l'âge de 8 ans, je me suis mis à en jouer à mon tour, cahin-caha (comme enfant, la discipline et la persévérence n'allaient pas toujours de pair avec le talent...).
Un jour, le vieux chanoine organiste de notre paroisse m'entendit et déclara tout net à mes parents: "...Il faut le fouttre à l'orgue !". Ce fut le début d'une brève carrière d'organiste; j'avais alors 15 ans et persévérai jusque vers 22 ans.
Au moment de quitter le cocon familial, un de mes frères, pourtant pas musicien du tout, me proposa de me prêter de l'argent pour m'acheter le piano de mes rêves... Quelques mois plus tard, après avoir passé une journée mémorable dans la fabrique de Sacile (près de Venise) avec son patron et concepteur pour voir mon instrument en construction, je me retrouvai, dans ma chambre d'étudiant de 4 m. sur 5, avec un piano à queue Fazioli flambant neuf...
Plus récemment, alors que mon activité de musicien amateur prit une nouvelle orientation: chant, direction chorale (notamment dans le domaine de la musique ancienne), laquelle m'éloigna quelques années des instruments à clavier.
Ces derniers se rappelèrent à mon bon souvenir et me sommèrent de m'y remettre... Un concert de nouvel an à Rougemont avec clavecin en 2003 (Pierre Hantaï au clavecin et ses 2 frères au traverso et à la viole de gambe) me fit découvrir ma nouvelle vocation, le clavecin. Cette "révélation" correctement interprétée, le passage à l'acte ne se fit pas attendre: je me mis immédiatement et assidûment à jouer de cet instrument, grâce à la générosité de la claveciniste/organiste montreusienne Martine Reymond, laquelle me prêta l'un de ses propres instruments, le temps de passer commande de 2 grands clavecins à 2 claviers d'un coût de plus de 100'000 francs (pour les deux, rassurez-vous).
Je dus m'armer de patience et attendre une année et demi que mes bijoux me soient livrés, tout en faisant la navette entre les ateliers des deux facteurs, histoire de suivre pas à pas leur fabrication et connaître mes futurs instruments "de l'intérieur". Magnifique aventure: découvertes, mais relations humaines aussi, apprentissage simultané de tant de choses...
Certaines méchantes, mais alors très méchantes langues, sussurent en ricanant des "C'est pour quand le troisième clavecin ?", ou, pire encore "Après, ça sera un orgue ?". Pffff... La maison n'est pas vaste à ce point, mes revenus financiers suffisamment modestes pour qu'il me faille quelques annnées pour me payer cette folie. En outre, il faut laisser encore un peu de place au public de nos concerts, car n'oublions pas que ces instruments, si je m'en délecte avec plaisir, sont régulièrement joués dans le cadre des "Concerts à la Goulue" (voir le menu correspondant), mais aussi à l'extérieur, où ils sont assez régulièrement loués.
Mais il faut bien admettre que parmi les méchantes langues, certaines ne me connaissent que trop bien... et on fini par avoir raison ! En effet, j'ai craqué pour un magnifique virginal dont vous découvrirez l'aspect, la description et l'historique ci-dessous...
Or donc, chers amis mélomanes, vous pouvez venir les écouter en concert, et, pour les musiciens, si le coeur vous en dit, ils sont à votre disposition pour venir y travailler, voire, s'agissant des meilleurs d'entre vous, pour venir vous y produire en concert dans le cadre des "Concerts à la Goulue".
Intéressés ? Alors contactez-moi [Pierre-Alain -> mailto: beffa@enromandie.net]
Nous vous souhaitons de belles découvertes avec ces instruments merveilleux...