APPEL A LA COOPETITION SOCIOCULTURELLE EN REGION LAUSANNOISE.

Cet appel est lancé par SMALA et son comité de soutien, dans le cadre des 10 ans du programme CREACTION. Le programme est décrit dans les détails sur le site web www.enromandie.net/smala


La demande augmente pour un programme comme CREACTION

Le programme Créaction a pour but de renforcer la confiance des habitants d'une région en eux-mêmes et dans leur environnement. Ce programme permet d'accroître la participation de tout un chacun dans les réseaux sociaux. Il favorise les dynamiques participatives et l'intégration sociale, il renforce l'économie locale et l'incubation de micro-entreprises.



Après 10 ans d'expériences pratiques à l'animation du programme Créaction, la demande pour un tel type de programme augmente, l'engouement se renforce et la mobilisation aussi. Force est de constater qu’une telle démarche socioculturelle est insuffisamment disponible dans notre région, alors que les centres peinent souvent à se restructurer et de nombreux lieux d’animations subventionnés de longue date sont peu fréquentés. Aussi, nous nous adressons maintenant aux décideurs (chefs de services, élus, citoyens engagés pour le bien commun) des Communes de Lausanne et environs, du Canton et de la Confédération, et nous leur proposons de faire un choix : élus, décideurs, personnes influentes, si vous souhaitez que le tissu socioculturel de la région soit plus dynamique, plus harmonieux, pourriez-vous décider de faire un appel à candidature pour attribuer les millions qui sont chaque année dédiés à l'animation socioculturelle au travers des centres de loisirs et de jeunesse, des centres d'incubations de micro-entreprises, des foyers pour jeunes, des logements subventionnés ? Ceci permettrai peut-être que des démarches vives comme le programme Créaction soient retenues par les experts que vous nommeriez pour évaluer et financer les projets réalisés.

Décideurs, savez-vous qu'aujourd'hui l'accompagnement d'un jeune en difficulté ou d'une personne âgée cela coûte 200 à 300 chf par jour à la collectivité, 365 ans par année (source EESP). Savez-vous que le chômage est en hausse partout parce qu'il est basé sur la monomanie de la croissance, et qu'il est économiquement et socialement viable de favoriser des programmes permettant à des citoyens ouverts d'esprit et volontaires de produire et consommer moins, et d'être des citoyens engagés pour leur région, avec l'esprit d'entreprise et la fibre sociale ?  

Décideurs, SVP, soyez attentif au programme Créaction que nous avons formalisé et que nous animons bénévolement de manière professionnelle. C'est aujourd'hui une source d'inspiration pour dynamiser la manière d'accompagner les personnes dans leur intégration dans notre société en pleine mutation. Le programme Créaction permet de réduire le nombre d'assistés sociaux, il favorise l'autonomie par une approche globale mêlant vie en communauté, développement de bonnes pratiques pour la santé par l'alimentation et l'hygiène de vie, accompagnement de proximité, formation continue et génération de revenus, respect d'autrui et construction de soi.

 

Décideurs, nous sommes une poignée d'animateurs, soutenus par quelques centaines de personnalités de noter région, et aujourd'hui nous sommes là, nous animons ce programme pour montrer que c’est possible de contribuer à l’autonomie d’un grand nombre de personnes durablement, avec qualité, et avec des ressources modestes (c’est aussi cela la décroissance).

 

Mais nous ne serons pas durablement apte à animer un tel programme, et à obtenir de si bons résultats, si vous ne choisissez pas d'investir du temps pour évaluer si ce que nous disons est juste, et pour avoir le courage mettre ce programme en [coopétition -> http://www.sses.com/public/events/euram/complete_tracks/coopetition_strategy/dagnino_padula.pdf] avec les autres programmes d'animation socioculturelles pour l’attribution des subventions permettant de le mener largement et durablement, Nous parlons de coopétition avec les centres socioculturels de la région lausannoise, les foyers pour jeunes, les EMS, qui sont tous des centres, comme ceux animés par Smala, permettant aux humains de participer à des activités socioculturelles, de partager leurs ressources et de s’entraider.

 

Coopétition signifie pour nous appels à candidature auprès des organismes socioculturelles pour recevoir l’argent public visant à remplir des missions d’intérêts publics d’animation socioculturelles. Car actuellement, les subventions publiques sont très difficiles à faire inscrire dans un budget, et quasiment aussi difficile à faire transférer d’une organisation bénéficiaire à l’autre. Et sans financement public, impossible de développer un tel programme durablement : nous avons besoin d’un secrétariat, de permanents, de moyens pour assurer la durabilité des infrastructures qui ont été installée. Nous avons déjà géré une demi-douzaine de centre sur plusieurs années, avec environ 25 maisons occupées temporairement.

 

C’est pourquoi nous demandons une évaluation en profondeur de ce programme par rapport aux autres programmes et aux besoins prioritaires, et nous encourageons les décideurs a assurer une mise en concurrence entre les diverses offres d’animation socioculturelle, une mise en concurrence « coopétititive », c'est-à-dire basée sur le partage de l’information et des méthodes. C’est cela la coopétition, un mélange digeste de coopération et de concurrence, qui a permis à GNU/Linux de s’imposer dans le domaines dans l’informatique (plus de 70% des serveurs sont sous GNU/Linux), et qui permet aujourd’hui au micro-crédit de s’imposer dans la finance, aux budgets participatifs d’émerger dans la politique, aux accords intergouvernementaux de lutte et coopération contre le crime organisé de s’imposer progressivement, etc…

C’est le même principe : le problème devenant trop fort (ici avec Créaction, le problème de l’insécurité, de la méfiance des citoyens face à l’état) qu’il devient difficile de ne pas remettre en question les arrangements entre institutions sociales dominantes et pouvoirs publics. Plutôt que de faire des réductions de budgets au niveau social et culturel et d’augmenter la répression, nous proposons aux décideurs d’évaluer les méthodes de génération de confiance telle que proposées dans le programme Créaction.

 

Si cette évaluation coopétitive que nous proposons depuis un moment montre que notre démarche permet effectivement, comme nous le réalisons depuis 10 ans, de mieux atteindre les objectifs socioculturels de notre région, alors les autorités publiques pourraient plus facilement nous mandater pour proposer plus largement cette méthode d'animation, en complément aux démarches actuellement dominantes dans les réseaux d'animation socioculturelle.

 

Un tel mandat permettrai que les actions répétitives (compta, secrétariat, gestion courante) soient assurés par des professionnels, et donc soit plus durable. Car actuellement les pouvoirs publics financent de nombreux postes de professionnels sans nous impliquer, et donc même si notre démarche a un fort impact, elle reste marginale, ce qui signifie reconnaissance ou perte d'un savoir-faire et d'une bonne dynamique.

 Merci d'avance de votre attention.  

Lausanne, le 10 mai 2005.

Le comité de Smala : M. Glauser - MJ. Berchten - G. Gropetti - T. Bondolfi