Lancement de Solecopedia, encyclopédie internationale partagée pour une économie sociale et solidaire
January 13, 2010, by Pierre Johnson - No comments yet
Economie sociale, économie solidaire, développement communautaire… partout s’affirme la nécessité de penser et de mettre en œuvre autrement l’activité économique.
Cependant, les termes employés par les acteurs sont souvent disparates d’un pays l’autre, même si les principes et les valeurs les rassemblent. La richesse des pratiques et des notions d’économie sociale et solidaire constitue à la fois un atout et un défi pour la cohésion et la reconnaissance de celles-ci.
Un espace de partage et de diffusion des notions et pratiques de l’ESS
Solecopedia est une encyclopédie multilingue et interculturelle ouverte reposant sur la participation des acteurs et des chercheurs de l’économie sociale et solidaire de nombreux pays. Ce processus de travail collaboratif et participatif est animé par une équipe d’animateurs interculturels professionnels, membres du groupe de communication européen du réseau international RIPESS.
Son but est d'aider les acteurs à mieux se comprendre. Il vise à surmonter les problèmes de communication d’un pays, d’une langue, d’un secteur à l’autre, par l’échange et la réflexion sur les termes les plus employés.
Une méthode de travail collaborative et participative
Une plate-forme simplifiée (Wiki) permet aux acteurs de saisir et de commenter dans leur propre langue les principales notions utilisées dans leur pratique. Celle-ci est déjà opérationnelle en 5 langues, français, anglais, allemand, espagnol et portugais, d’autres pouvant s’ajouter par la suite. Les liens entre les langues et les commentaires permettent à tous d’appréhender les nuances, tout en renforçant les bases communes.
Complémentarité avec d’autres projets en cours
Solecopedia s’inscrit dans les initiatives actuelle des acteurs pour référencer et cartographier les entreprises et initatives correspondant aux valeurs de cette économie. En proposant une dynamique d’échange autour des notions et valeurs impliquées, Solecopedia contribue à la cohérence de ce processus. Nous sommes en train d’identifier et de contacter les auteurs des glossaires et dictionnaires de l’ESS existants, leur proposant une publication sous licence libre Creative Commons.
Nous contactons également les acteurs des principaux pays d’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine, tout en restant ouverts aux échanges avec d’autres continents. L’articulation avec les dynamiques de référencement et de cartographie se fait notamment grâce à la participation de notre équipe au groupe « communication » du RIPESS Europe.
Participez dès aujourd'hui !
Vous pouvez créer votre compte en ligne, et ajouter ou éditer des articles autours des concepts et pratiques de l'ESS. Téléchargez la "lettre" ci-jointe ou visitez l'aide du site pour une aide partique. Cliquez ci-dessous, puis sur la langue de votre choix.
L'Union Européenne publiera un indice environnementale en 2010
September 16, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetLa nouvelle est d'importance. Afin de compléter le « sacro-saint » Produit Intérieur Brut (PIB) qui illustre depuis 1930 le développement et les progrès d'un pays, l'Union Européenne prévoit de publier à compter de l'année prochaine un indice environnemental complémentaire.
Voici ce qu'écrit Sabine Casalonga, journaliste environnementale, à ce sujet :
«Pour changer le monde, nous devons changer la façon dont nous le comprenons, et pour ce faire nous avons besoin d'aller au-delà du Produit intérieur brut (PIB)», a déclaré Stavros Dimas, commissaire européen à l'environnement dans un communiqué du 8 septembre.
De fait, le PIB ne mesure ni le bien-être, ni la qualité de l’environnement ni la cohésion sociale.
La Commission ambitionne en outre d’accélérer la production des données environnementales et sociales, actuellement publiées après 2 ou 3 ans, contre seulement quelques semaines pour les indicateurs économiques. Stavros Dimas espère qu’à terme ce nouvel indice environnemental sera publié au côté du PIB.
A quand un indice "développement durable", prenant en compte les aspects sociaux et la responsabilité sociale des entreprises ? En effet, les directives de l'Union Européenne ont des impacts importants sur les conditions économiques et sociales dans les pays membres.
Une avancée dans cette voie : L'ancien économiste, et aujourd'hui critique, de la Banque Mondiale, Joseph Stiglitz, vient quant à lui de remettre le rapport de la commission qu'il préside depuis 18 mois à la demande du président Nicolas Sarkozy. Selon Stiglitz, "la poursuite de la croissance économique, mesurée par le PIB, pourrait conduire à aggraver la situation pour la population. Cette voie n'est pas soutenable." Le rapport formule 12 recommandations. Trois principes sont retenus, nous dévoile le site Actu-Environnement : la prise en compte des ménages dans l'analyse économique, la mesure de la qualité de vie, et le développement durable.
De façon surprenante, le président de la République a évoqué la pertinence de la mesure des inégalités. Le rapport propose de mesurer également le travail domestique, et d'analyser les revenus et la consommation en fonction des catégories d'individus et non plus d'une moyenne nationale. Outre ces indicateurs objectifs, la commission propose de procéder à des mesures subjectives de la qualité de vie (perception du bien-être, du bonheur, inquiétude…). Signalons à ce sujet le travail de la New Economics Foundation. Allez faire un tour par exemple sur le site duHappy Planet Index.
La région Ile-de-France augmente de 40% l'aide à l'insertion par l'activité économique
May 12, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetDans un contexte de crise, dont la gravité va d’autant plus impacter les publics les plus fragilisés et les plus éloignés de l’emploi, Francine Bavay, vice-Présidente de la région Ile-de-France chargée du développement social, de l’économie sociale et solidaire, de la santé et du handicap et Daniel Brunel, vice-Président chargé de la formation professionnelle et du développement économique et de l’emploi, ont fait adopter hier une nouvelle politique régionale en faveur de l’insertion par l’activité économique, (IAE) avec la création de 9 nouveaux outils pour en appuyer le développement.
La Région construit ainsi une stratégie ambitieuse et globale en faveur de l’IAE pour, à terme, doubler l’offre d’insertion sur le territoire francilien.
Car, pour Francine Bavay et Daniel Brunel, « lorsque le marché du travail se dégrade, c’est toute la chaîne de l’emploi et de l’insertion qui se tend, évinçant encore davantage les publics éloignés du marché du travail. »
Ces nouveaux outils viennent compléter une mesure phare mise en place en 2008 : la création d’emplois-tremplins insertion (ETI). Plus de 600 emplois insertion seront décidés le mois prochain et ce sont 1 500 ETI qui seront proposés cette année.
La Région octroie 10,5 millions d’euros en 2009 (+40% par rapport à l’an dernier) à ce secteur de l’IAE.
Ashoka déploie son activité en Europe
May 7, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetVoici une information pour tous ceux et toutes celles qui s'intéressent à l'entrepreneuriat social.
Ashoka est une organisation internationale fondée en 1980 par Bill Drayton (ancien consultant de McKinsey&Co et ex-directeur de l’Agence de l’Environnement américaine), qui entend participer à la structuration et au développement du secteur de l’Entrepreneuriat Social dans le monde, afin qu’il amplifie son impact sur la société.
Bill Drayton est parti de 2 idées, pour lancer Ashoka :
1. "Il n’y a rien de plus puissant au monde qu’une idée nouvelle dans les mains d’un véritable entrepreneur"
2. Il faut doter le secteur social d’une structure équivalente aux "fonds de capital-risque", c'est-à-dire capable d’identifier et d’accompagner les entrepreneurs innovants pendant la phase de développement de leur activité.
L’approche choisie est donc celle du "capital-risque philanthropique" : Ashoka "investit" dans les Entrepreneurs Sociaux, qu’elle sélectionne pour leur projet innovant et leurs qualités entrepreneuriales, tout en attendant un "retour sur investissement" qui est social et non pas financier. Ce "retour" se cacule en fonction de l’augmentation de l’impact que les Entrepreneurs Sociaux ont sur la société.
Concrètement, Ashoka sélectionne chaque année, puis finance et accompagne dans leur développement, des innovateurs qui vont servir de modèle pour le reste du secteur (plus de 60% ont déjà vu leur idée reproduite). L'association les fait également travailler ensemble en finançant des collaborations, notamment thématiques. Elle contribue par ailleurs à l’évolution du secteur de l’entrepreneuriat social en développant toute une gamme de programmes et d’initiatives (voir ci-dessous).
Ashoka a été lancée en Inde en 1980, et s’est rapidement développée au niveau international en Asie, puis en Amérique Latine, en Afrique, en Europe de l’Est. Depuis sa création Ashoka fonctionne exclusivement sur des fonds privés (entrepreneurs, fondations familiales et fondations d’entreprise, entreprises ...) et développe des synergies entre le monde des entreprises et celui de l’Entrepreneuriat Social.
En 2000, Ashoka a commencé à ouvrir des antennes dans les pays dits développés : Etats-Unis, Canada. En 2006, les activités ont démarré à Paris, Madrid, Francfort, Londres et Dublin. Depuis, Ashoka travaille également en Autriche, Belgique et Suisse.
En tout, quelque 70 pays sont aujourd’hui concernés.
En France, Belgique et Suisse, Ashoka a déjà sélectionné 21 Entrepreneurs Sociaux innovants depuis le lancement de l’association à Paris en 2006. Ces entrepreneurs ont rejoint le réseau de plus de 2000 de leurs pairs dans le monde. En Suisse, Marie-Dominique Genoud-Champeaux, créatrice de la Fondation As’trame, et Christine Theodoloz Walker, d'Intégration pour Tous (IPT), ont été sélectionnées (liens vers les sites respectifs) respectivement en 2007 et 2008.
Parmi les autres programmes développés par Ashoka pour contribuer à l’évolution du secteur de l’entrepreneuriat social :
• Le Concours Impact permet à des organisations à vocation sociale de mettre sur pied des bonnes pratiques de développement, et en fait bénéficier l’ensemble du secteur. Il consiste à :
• stimuler la créativité des concurrents sur les questions de mobilisation/pérennisation de ressources et de stratégie de développement,
• permettre aux organisations participantes de progresser sur les questions stratégiques en formalisant leur Business Plan,
• compiler les bonnes pratiques mises à jour et les diffuser vers l’ensemble du secteur.
Le concours Impact 2008-2009 a permis, après 4 mois de formation/coaching mis en musique par Ashoka et ses partenaires, aux 10 organisations sélectionnées de défendre leur Business Plan devant un jury, puis devant plus de 500 personnes réunies lors du Salon des Entrepreneurs, à Paris, le 4 février 2009... Les lauréats : Infirmiers de rue (Belgique) et Nes&Cité (France) pour le "Grand Prix ", EnerCoop (France) pour le "Coup de coeur du public".
• Le Programme Jeun-E-S veut sensibiliser les jeunes à leur rôle d’acteur de changement social.
En outillant des jeunes porteurs de projets, en leur donnant accès aux Entrepreneurs Sociaux soutenus par Ashoka, et en les mettant en réseau, il participe à l’essor de l’ensemble du secteur. Des actions de sensibilisation sont également menées pour que toujours plus de jeunes lancent des initiatives sociales et environnementales.
Vous pouvez, en allant sur le site d'Ashoka en français :
- Affiner ou compléter vos connaissances sur l'entrepreneuriat social (volet "entrepreneuriat social")
- Connaître mieux l'action d'Ashoka en faveur de l'entrepreneuriat social, et trouver des informations utiles
- Recommander un projet / proposer la candidature d’un(e) Entrepreneur(e) Social(e) innovant(e) (colonne de droite "Actualités")
- Trouver des liens vers d'autres ressources sur l'entrepreneuriat social (volet "entrepreneuriat social")
Lux09 : une avancée pour le mouvement global de l'économie sociale et solidaire
May 1, 2009, by Pierre Johnson - No comments yet
4 jours de rencontre. 700 participants de 59 pays des 5 continents, une centaine d’interventions en français, anglais, espagnol, portugais… sur une quinzaine de thèmes transversaux : un événement marquant pour le mouvement de l'économie sociale et solidaire.
Voici, avec la permission de l'auteure, quelques réflexions inspirés de l'article de Françoise Wautiez, secrétaire d'Aloé, sur cette rencontre. Nous nous reconnaissons pleinement dans ces réflexions :
L’économie sociale et solidaire a démontré, au 4e Forum Globalisation de la Solidarité - Lux09, la richesse de ses propositions et initiatives. Ce genre d’événements est très difficile à relater, mélange de ressentis, de rencontres, de frustrations de ne pas pouvoir avoir participé à plusieurs ateliers en même temps, de ne pas pouvoir avoir compris plus précisément le projet d’un tel ou un tel en Afrique ou en Asie, expérience de plus de vingt ans qui doit se raconter en 5 minutes à peine.
Cependant, le format de la rencontre était bien pensé. Chaque atelier thématique se déroulait le matin pendant 1h30 sur trois jours : le premier « on illustre », le deuxième « on débat », le troisième « on propose ».
Le jeudi, par exemple, les intervenants se sont posé la question de la place de l’économie solidaire dans les lieux de décision et de son peu de visibilité malgré le poids qu’elle représente dans certains pays. Patrick Viveret a parlé du blocage de l’imaginaire en général qui a mené aux différentes crises que l’on connaît, ce blocage étant aussi présent dans les forces transformatrices de la société, y compris l’économie sociale et solidaire. Selon lui, l’ESS n’a pas l’ambition de ses moyens, elle ne s’inscrit pas de façon volontaire dans une approche transformatrice malgré sa vision systémique qui inclut une autre approche de la richesse, du pouvoir, de l’argent, de nos modes de vie mais aussi une capacité à chercher des solutions innovantes aux différents problèmes posés dans l’économie et la société.
Paul Singer, le très attendu secrétaire d’Etat à l’Economie Solidaire au Brésil, l’un des points du globe où l’ESS a un poids de plus en plus important, s’est posé la question de savoir si l’ESS représentait une alternative au modèle dominant. Son point de vue est qu'il faut renforcer l’Etat, entité élue démocratiquement, ce qui a soulevé de très nombreuses questions dans le public. Mais Paul Singer a enfin déclaré que l’ESS pouvait être une alternative, qu’elle avait acquis un poids de plus en plus important dans plusieurs pays d’Amérique Latine, le Brésil bien sûr, mais aussi par sa reconnaissance dans les constitutions de la Bolivie et de l’Equateur et dans ce qu’il a appelé « le socialisme du XXIème siècle de Hugo Chavez » au Vénézuela.
L'après-midi était dédié à des rencontres continentales du Réseau Intercontinental de l'Economie Sociale et Solidaire et à des plénières avec des personnalités engagées dans le mouvement.
L’impression d’ensemble était que l’économie sociale et solidaire représente une richesse incroyable de pratiques mais aussi de théories, un maillage de réseaux difficilement compréhensible, mais souffrant parfois d'un manque de visibilité, sans doute provoquée par un manque d’ambition collective. Les rencontres du RIPESS sont certainement un moment de référence dans cette construction collective, difficile mais nécessaire.
Ben Quiñones et les réseaux d’Asie seront les hôtes de la prochaine rencontre en 2013. Les conclusions et les résolutions du RIPESS, notamment en ce qui concerne le volet européen du RIPESS, seront bientôt disponibles sur le site http://www.lux09.lu/index.php?id=20.
Liens utiles
L'article de Fr. Wautiez sur le site d'Aloé
Revue de presse de l’événement
Télécharger et lire la déclaration finale de Lux09 (une page).
Télécharger et lire la synthèse des ateliers thématiques
Numéro de la Revue Durable : Economie Solidaire et Ecologie
April 29, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetLa Revue Durable est partenaire média de APRES-VD pour les rencontres de l'économie sociale et solidaire des 8 et 9 mai.
Par le hasard le plus heureux (serendipity dirait-on en anglais), cette excellente revue basée à Fribourg consacrait le dossier de son dernier numéro, en cours de parution, à l'économie sociale et solidaire !
Elle marque ainsi la place de l'économie sociale et solidaire comme un des principaux acteurs d'un développement durable et solidaire.

Ci-après l'éditorial et le sommaire de ce numéro exceptionnel, à découvrir prochainement :
EDITORIAL DU DOSSIER
Ce dossier sur l’économie solidaire met en avant l’extrême richesse des pratiques
que des milliers de personnes expérimentent, explorent, approfondissent pour redonner du sens à l’économie. Sur le terrain, les démarches qui relèvent de cette « autre économie » sont en pleine effervescence. Elles représentent un immense atout pour sécuriser l’emploi sur les territoires, multiplier les liens de solidarité et vivre enfin en harmonie avec les écosystèmes.
Bien sûr, tout le monde ne se convertira pas à cette économie de l’entraide, à échelle humaine, qui ne fait pas de la quête du profit individuel un maître-guide ni de la mégalomanie financière ou technologique un modèle. Aucun système économique n’empêchera jamais toute une partie de la population de continuer à vouer un culte à l’égoïsme à courte vue et au dieu argent.
Mais le fait est qu’un nombre considérable de personnes aspirent à vivre dans un monde qui place la solidarité au cœur de son économie. En mettant en avant l’immense potentiel et les formidables vertus de l’économie solidaire pour l’emploi, la justice sociale, l’écologie et, bien sûr, le lien social, ce trente troisième dossier de La Revue Durable voudrait renforcer cette aspiration et montrer que l’on peut – qu’il est même vital – d’y faire écho.
Nul doute que les élus qui soutiennent cette économie contribuent à construire un avenir durable : plus l’économie solidaire s’épanouira, plus le bassin de personnes dont nos sociétés ont le plus grand besoin pour affronter les immenses défis du XXIe siècle grandira. Ces personnes, Sophie Bouquet-Rabhi les appelle des « bâtisseurs d’avenir ».
Quel que soit leur âge aujourd’hui, aidons-les à éclore, à exprimer tout ce qu’il y a de meilleur en eux !
SOMMAIRE
EDITORIAL
BREVES sur la relance
NOTES DE LECTURE Vertige métaphysique
BREVES sur le climat
RENCONTRE Valérie Masson-Delmotte : La menace d’un dérapage hors de contrôle du climat est plus grande que jamais
DOSSIER
ÉCONOMIE SOLIDAIRE ET ÉCOLOGIE,
DES RICHESSES INSOUPÇONNÉES
Éditorial et sommaire du dossier
Situation de l’économie solidaire et écologique en Europe
L’économie solidaire, pour construire un monde plus écologique
Soutenabilité forte et solidarité démocratique
Les politiques territoriales de l’économie solidaire en France
La Banque alternative suisse, une banque pas comme les autres
L’économie solidaire prend son essor en Suisse romande
Habitat et l’alimentation écologiques pour tous
Miser sur les richesses du territoire
pour favoriser l’emploi durable
Devenir acteur de pratiques agricoles
et énergétiques durables
Autoconstruire grâce aux autres
Mutualiser pour promouvoir une mobilité
et des énergies plus douces
D’autres monnaies pour une autre économie
L’épargne de partage, une valeur qui monte
Guide
Le Hameau des Buis, une aventure humaine
BRÈVES générales
AGENDA
PORTRAIT
André Gorz, l’écologie comme politique
ROMAIN FELLI
PERSPECTIVE
Mettre fin à la guerre, une recette
Première partie
ROBERT HINDE
BRÈVES
LIEN
Coup d'oeil sur la préparation du forum Globalisation de la Solidarité Lux 09
April 8, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetQuelques semaines avant la rencontre d'économie sociale et solidaire du canton de Vaud aura lieu au Luxembourg un forum de portée internationale, auquel participeront de nombreux acteurs et réseaux de l'ESS du monde entier. Il s'agit du 4e forum "Globalisation de la Solidarité", initiées en 1997 à Lima, puis à Montréal (2001) et Dakar (2005). Nous ne manquerons pas d'évoquer cette rencontre les 8 et 9 mai, à Pully.
Luxembourg sera donc bientôt le siège de ce forum, démontrant ainsi que même un pays sur la "liste grise" du G20 compte avec des initiatives économiques solidaires, avec ici pour objectif le "Plein Emploi" (c'est le nom d'une organisation locale). Lux'09 sera l’occasion d'échanger les expériences de l'ESS, d’en mesurer l’ampleur et de le démultiplier.
Voici, frais de ce matin, l'état des lieux des préparatifs de Lux’09, dont nous ne manquerons pas de vous donner bientôt des nouvelles :
· 415 personnes inscrites dont 240 ont payé leur inscription.
560 participants de réseaux d'économie sociale et solidaire, de médias et d'institutions sont prévues. Le mouvement des inscriptions devrait donc continuer, jusqu'à pratiquement la dernière semaine.
· un village de 20 chalets avec information, alimentation et artisanat.
· 7 salles équipées pour travailler en 3 langues n’attendent plus que les ateliers et leurs participants.
· une équipe des 37 interprètes bénévoles se prépare.
· les hôtels en situation centrale sont tous complets. Mais des navettes sont prévues pour tous les hôtels Lux’09.
· les équipes de bénévoles sont prêtes à monter 1160m2 de chapiteaux.
Luxembourg 09, c'est :
· 3 journées de discussion pleines, selon le rythme ternaire le matin en ateliers : On illustre, On débat, On propose.
· Les après-midis seront consacrés à des plénières, et des rencontres avec d'autres acteurs (société civile, élus, etc.)
· Un village de l'économie sociale et solidaire
Les 12+1 ateliers thématiques (12 travaux d'Hercule ?) sont sur les thèmes suivants :
* 0. Formation, éducation citoyenne et ESS
* 1. ESS et co-construction des politiques publiques
* 2. ESS, services sociaux d'intérêt général et biens communs
* 3. Entrepreneuriat solidaire
* 4. ESS et environnement
* 5. ESS et souveraineté alimentaire
* 6. Production et consommation responsables
* 7. Participation démocratique et ancrage territorial
* 8. Recherche et conceptualisation de l'ESS
* 9. Les réseaux dans l'ESS
* 10. Communication et systèmes de gestion de l'information de l'ESS
* 11. ESS et action syndicale
* 12. ESS et finances solidaires
Vous pouvez avoir un premier aperçu des discussions sur les forums en ligne de Lux'09.
Tous les ateliers comportent quatre objectifs transversaux:
1. Coller de près aux réalités des acteurs de terrain, conjuguer les idées avec la pratique dans un souci de pragmatisme, s’enrichir des expériences de chacun avec les façons de faire et de penser des uns et des autres;
2. Donner du sens à un fonctionnement en réseau et s’interroger sur la manière de le faire;
3. Renforcer les liens, améliorer la qualité des relations entre acteurs, c’est ce qu’offre une occasion comme celle-ci, par région et entre régions, par pays et entre pays, par continent et entre continents, pour inventer ensemble de nouvelles initiatives;
4. Valoriser la dimension novatrice de nos activités et faire de la prospective sur les défis qui nous attendent.
Un cinquième élément, clé pour le futur, sera abordé lors des ateliers : comment garantir la survie économique de ces initiatives et leur mise en réseau. L’économie sociale et solidaire offre des perspectives durables pour l’avenir du monde et devrait être mieux prise en compte dans les politiques économiques.
Vous pouvez en savoir plus, et encore vous inscrire si vous le désirez, sur le site de Lux'09.
Circonscrire l'ESS
April 3, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetComment circonscrire l'économie sociale et solidaire dans le monde économique actuel ?
Peut-on cerner l'économie sociale et solidaire par secteurs ?
Une première approche suit les statuts juridiques qui correspondent à l'ESS.
On discerne là clairement trois types d'organisations :
- Toutes les associations ; très nombreuses elles ont en commun d'être sans but lucratif
- Les fondations, qui ont pour vocation de prodéder à des dons pour des causes d'intérêt public
- Le seteur des coopératives et des mutuelles, soit de l'entreprendre ensemble.
Cette défintion a l'avantage de la clareté. Elle parait cependant insuffisante à beaucoup parce que :
- elle exclut de nombreuses initiatives (monnaies sociales, etc.)
- elles met dans le même paquet des associations, dont les buts sont différents, et dont certaines ne devraient pas figurer dans l'ESS.
L'ESS est avant tout une autre approche de l'économie.
C'est pourquoi il est difficile de la circonscrire dans des composantes bien déterminées.
Sans compter que pour de nombreux acteurs, elle a pour objectif de transformer l'économie.
Etudes sur l'ESS dans le monde
March 31, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetL’économie sociale et solidaire est présente dans le monde contemporain depuis plus d’un siècle et demi, comme mode d’appréhension et d’organisation de l’activité économique qui tente de placer l’être humaiin au centre de cette activité. Elle est présente dans toutes les grandes activités productives. L’économie sociale en France représente plus de deux millions de salariés travaillant dans 800 000 entreprises du secteur. Elle est responsable pour plus de 10% du Produit Intérieur Brut.
Après un bref exposé des origines de ces activités et de leurs différentes formes, nous livrons les résultats de plusieurs études permettant d’appréhender l’ampleur de ses activités dans le monde. Nous encourageons les acteurs des différentes secteurs de l’ESS à préciser et à compléter ce panorama chiffré, en ajoutant des commentaires à cet article.
Présentation de l'ESS
L’économie sociale et solidaire trouve ses origines modernes en Europe au XIXe siècle, dans les sociétés de secours mutuel et les coopératives, qui constituaient des formes de défense et de solidarité des ouvriers et des artisans confrontés à la violence sociale de la révolution industrielle. Elle s’est diversifiée au cours de la 2e moitié du XIXe siècle et du XXe siècle, en coopératives de consommation, de production, de crédit, mutuelles d’assurance, etc.
Ces organisations, puissantes en Europe de l’Ouest, représentent au moins 8% du PIB et emploient 9 millions de personne, toutchant 25% de la population européenne, selon une étude Comité Economique et Social de la Commission Européenne à la veille de l'élargissement. L'activité quotidienne de ces entreprises prouve qu'il est possible de concilier les dimensions économique, sociale et environnementale.
Elles sont complétées par une deuxième vague d’initiatives solidaires depuis les années 1970, en réponse aux nouveaux bouleversements de l’économie dans le contexte de la mondialisation. Ces initiatives s’expriment à un niveau plus local. Il s’agit des systèmes d’échange local, des initiatives d’insertion par l’activité économique, de la finance solidaire et finalement du commerce équitable qui fait le lien avec les producteurs du Sud.
Les coopératives sont une des formes d’entreprise les mieux enracinées dans le monde entier.
À l’échelle mondiale, les 300 principales coopératives et mutuelles cumulaient en 2004 un chiffre d’affaires de 963 milliards de dollars (755 milliards d’euros), à rapprocher pour comparaison au PNB 2004 du Canada : 979 milliards de dollars.
Fondée à Londres en 1895, l’Alliance Coopérative Internationale compte 222 membres dans 85 pays, et dans tous les secteurs d'économie. Toutes ces coopératives représentent quelque 800 millions de personnes dans le monde entier. Elle comprend des organisations sectorielles, qui regroupent elles-mêmes les coopératives des secteurs suivant : agriculture, banque et crédit, consommateurs, pêche, santé, logement, industries et services, assurance et voyage.
En 1994, une étude des Nations Unies estimait que près de 3 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, participaient à une coopérative.
En Asie, plus de 45 millions de personnes sont membres d’une mutuelle (Source: Association of Asian Confederation of Credit Unions, Annual Report 2007/2008).
Quelques exemples par pays : 11 357 coopératives en Argentine, regroupant 9 millions de personnes (22% de la population), et 29 933 en Belgique en 2001, en Bolivie un tiers de la population est membres d’une coopérative, au Canada et aux Etats-Unis, 4 personnes sur 10 appartiennent à au moins une coopérative et 70% au Québec, en Allemagne et en Malaisie, c’est un quart de la population, et 27,5% en Indonésie, à Singapour, c’est la moitié de la population.
Les coopératives sont des acteurs importants dans l’économie nationale et internationale. Au Brésil, elles produisent 40% du PNB agricole, en Bolivie une coopérative d’épargne-crédit gérait un quart de l’épargne national, au Danemark, les coopératives de consommateur gèrent 36,4% du commerce de détail, en Finlande des coopératives produisent 74% des produits carnés, 96% des produits laitiers, 50% des œufs, 34% des produits forestiers et possèdent 34,2% des banques. En France, 90% des agriculteurs sont membres d’une coopérative agricole, 91% au Japon. En Pologne les coopératives laitières sont responsables de 75% de la production, et 99% en Norvège. Au Kenya, les coopératives agricoles possèdent 70% du marché du café, 76% du marché laitier et 95% du marché du coton. Aux Etats-Unis, en 2003, les 100 premières coopératives avaient un revenu total de 117 milliards de dollars.
Les coopératives sont créatrices d’emploi. On estime que dans le monde, elle fournissent au moins 100 millions d’emploi, dont 20% dans des entreprises multinationales. Au Canada, le mouvement Desjardins (coopérative d’épargne-crédit) est le plus grand employeur de la province du Québec. En France, les coopératives fournissent 4 millions d’emploi, en Allemagne 440 000.
Source : Alliance Coopérative Internationale
Finance solidaire
Depuis une quinzaine d’années, la microfinance connaît un développement important, dans la plupart des pays du Sud, mais également dans les pays du Nord. Initiée au Bangladesh par Mohammed Yunus en 1983, elle s’est répandue dans le monde entier avec un double objectif : lutter contre la pauvreté, en fournissant aux populations qui n’ont pas accès aux banques classiques, des services financiers durables, capables de soutenir leurs activités économiques et processus d’accumulation.
Les services de finance solidaire (ou micro-finance) touchent aujourd’hui 150 millions de personnes dans le monde, servies par plus de 10 000 Institutions de microfinance (coopératives, ONG, banques de microfinance.) ou banques commerciales (source : Planet Finance).
Au Bangladesh, la Grameen Bank dispose de près de 1400 succursales et travaille dans plus de 50 000 villages. Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards de dollars de prêts et affiche des taux de remboursement de près de 99 %.
En France, près de 53 426 entreprises ont été créées générant 66 511 emplois, grâce à plus de 65 209 microcrédits octroyés par l’ADIE depuis 1989.
Commerce équitable
Né après guerre dans le contexte de la lutte contre le « sous-développement » et de la revendication d’un nouvel ordre économique international par les pays du Sud, le commerce équitable s’est considérablement renové et développé depuis la fin des années 1980, avec la mise au point de labels permettant de garantir des conditions commerciales avantageuses aux producteurs du Sud, y compris en grande distribution. Réuni en un mouvement cohérent, il touche aujourd’hui environ 800 organisations de producteurs, et 1,5 millions de famille dans le monde. Le chiffre d’affaire du commerce équitable double tous les deux ans depuis l’an 2000, pour atteindre 2,7 milliards d’euro en 2007 pour les seuls produit labellisés.
Source : Fair Trade Labelling Organizations International
Circuits courts
Les circuits courts paysans – consommateurs (ou Partenariats Locaux Solidaires entre Producteurs et Consommateurs PLSPC) sont une réponse aux inquiétudes sanitaires et sociales posées par l’agriculture intensive et à la pression exercée par les circuits commerciaux conventionnels sur les agriculteurs. Le Japon figure parmi les pionniers de ce système, à la suite du scandale de Minamata, avec le mouvement Seikatsu (coopératives de la vie) et Teikei qui regroupe au total 250 000 membres. En Amérique du Nord, il est connu comme Agriculture Soutenu par la Communauté, et regoupe 1700 fermes, en France sous le sigle AMAP.
Source : Urgenci
Monnaies sociales
Les monnaies sociales sont des monnaies complémentaires qui permettent de renforcer les échanges dans une région ou pour un objectif social et écologique donné. Les monnaies complémentaires ont existé depuis des siècles. Sous leur forme moderne, elless sont utilisées par les grandes entreprises des transports (miles), les grands magasins, etc.
Les monnaies sociales, elles, ont un pour objetif de donner une valeur sociale et/ou écologique aux échanges. Elles ont permis de maintenir 2 millions de personnes hors de la pauvreté en Argentine pendant la période de crise du peso, indexé sur le dollar. Elles existent dans le monde entier, sous la forme de LETS au Royaume-Uni, de SELs en France, etc. En Suisse, le WIR, une monnaie sociale, est utilisée depuis soixante-quinze ans par 65 000 entreprises du pays. Cette banque fonctionne en deux monnaies : le franc suisse et le WIR.
Quelques éléments sur l'ESS en Europe (1)
March 27, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetA l'occasion des prochaines rencontres de l'ESS, voici un court point historique et compréhensif sur l'ESS en Europe (extraits d'une étude en cours de publication).
L’économie sociale et solidaire trouve ses origines modernes en Europe au XIXe siècle, dans les sociétés de secours mutuel et les coopératives, qui constituaient des formes de défense et de solidarité des ouvriers et des artisans confrontés à la violence sociale de la révolution industrielle. Elle s’est diversifiée au cours de la 2e moitié du XIXe siècle et du XXe siècle, en coopératives de consommation, de production, de crédit, mutuelles d’assurance, etc. Ces organisations, puissantes en Europe de l’Ouest, représentent au moins 8% du PIB et 10% des emplois. Elles sont complétées par une deuxième vague d’initiatives solidaires depuis les années 1970, en réponse aux nouveaux bouleversements de l’économie dans le contexte de la mondialisation. Ces initiatives s’expriment à un niveau plus local. Il s’agit des systèmes d’échange local, des initiatives d’insertion par l’activité économique, de la finance solidaire et finalement du commerce équitable qui fait le lien avec les producteurs du Sud.
Les initiatives socio-économiques sociales et solidaires se traduisent aujourd’hui à plusieurs niveaux :
- au niveau du citoyen, la consommation responsable refait surface, et s’affirme comme une tendance éthique émergente. Elle trouve pourtant son origine en Europe dès la fin du XIXème siècle, dans les idées et l’action de personnes comme Charles Gide.
- au niveau interpersonnel, les circuits courts et les systèmes d’échange locaux se développent et apportent une solution à la pénurie de moyens financiers dans une population qualifiée.
- les collectivités territoriales et des institutions prennent depuis plusieurs années leur part de responsabilité, par la réforme des codes des marchés publics, les achats publics éco-responsables, et de nouveaux critères de subventionnement des activités économiques.
- Les entreprises privées ne sont pas en reste, et s’impliquent toujours davantage dans la notion de « responsabilité sociétale des entreprises ».
Nous commençons aujourd'hui par les pratiques individuelles responsables et solidaires.
a-Les circuits courts producteurs-consommateurs
Les circuits courts producteurs-consommateurs permettent de réduire l’importance et le poids des acteurs économiques intermédiaires, pour trouver une relation plus directe entre producteurs et consommateurs. En Europe, comme en Amérique du Nord ou au Japon où elles ont été initiées, ces pratiques concernent principalement les relations entre des consommateurs citadins et des agriculteurs, mais le modèle s'étend à d'autres types de production. L’objectif de ces pratiques sont : le maintien d’une agriculture paysanne, la souveraineté alimentaire de chaque région, la santé, le développement des liens sociaux, l’éducation à l’environnement et à la citoyenneté et la lutte contre l’exclusion.
En Italie, les GAS (groupements d’achats solidaires ou coopératives de consommateurs), font des commandes groupées pour bénéficier de prix plus intéressants sur des produits bio ou de grande qualité. En France, les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) forment un réseau national autour de l'agriculture biologique et connaissent une croissance rapide depuis le début des années 2000. En Angleterre, et dans le monde anglo-saxon, ces pratiques sont connues comme « Community Supported Agriculture ». Le réseau international qui fédère les pratiques agricoles participatives, le plus souvent biologiques, organisées à la demande des consommateurs, est le réseau URGENCI.
En Espagne se mettent en place des « coopératives de services sociaux », répondant aux nouveaux besoins sociaux par une organisation de forme coopérative.
b- La solidarité avec le Sud : le commerce équitable
Né simultanément aux Pays-Bas, au Royaume Uni et aux Etats-Unis, le commerce équitable étend, depuis une cinquantaine d’années, la notion de responsabilité du consommateur aux pays du Sud. Grâce à une présence en grande surface, le chiffre d’affaire du commerce équitable connaît des taux de croissance à deux chiffres dans les années 1990 et 2000. On estime qu’il existe aujourd’hui en Europe plus de 3000 associations locales de commerce équitable, animées par près de 100 000 personnes, essentiellement bénévoles.
Le parlement européen a émis une résolution, en juillet 2006, reconnaissant le bénéfice du commerce équitable pour l’éducation à la consommation par la solidarité avec le Sud et pour la réduction de la pauvreté. La commande publique de produits équitables peut se faire dans le cadre des échanges de coopération décentralisée et aussi dans le simple soutien financier à des filières de distribution équitables déjà existantes.
c- les placements éthiques et l’épargne solidaire
L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est un investissement individuel ou collectif effectué selon des critères sociaux, environnementaux, éthiques et de gouvernance d'entreprise sans occulter la performance financière. Des indices sont maintenant utilisés par les fonds en Europe pour mesurer la performance d’ l’ISR, comme le DJSI Europe Composite et FTSE4 Good Europe. L'ISR dépasse en Europe 1000 milliards d’euros, soit 10-15 % des encours européens globaux d’euros dans 9 pays européens.
Les fonds institutionnels prédominent (94%) contre 6% pour les particuliers. Les grandes orientations de l’épargne solidaire restent le développement local ou de pays du Sud, par des programmes de micro-crédits, l’environnement, le social, l’absence de pratiques sociales ou technologiques réprouvées, l’exclusion des entreprises fabriquant des produits nuisibles (tabac, armement, pesticides, etc.). Le choix de l’affectation et l’information donnée en retour permet aux épargnants consommateurs de mieux s’impliquer et de se sentir concernés par l’affectation de leur argent.
Au 5e forum mondial de l’eau, seuls 20 pays défendent le droit à l’eau potable
March 24, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetLe manque d’accès à l’eau potable est la principale origine des maladies dans les pays en développement. Un milliard de personnes dans le monde ne bénéficient pas de cet accès, et 2,5 milliards de systèmes d’assainissement décent.
La déclaration finale du 5e Forum Mondial de l’Eau, qui a eu lieu ces derniers jours à Istanbul, ne mentionne une fois de plus pas le droit des populations d’accéder à l’eau potable et à l’assainissement. Quelques pas ont cependant été faits dans la prise de conscience du problème par rapport au 4e Forum Mondial de l’Eau Mexico en 2006, mais seuls une vingtaine d’Etats, conduits par l’Espagne et des pays latino-américains, ont fait une déclaration séparée sur le droit universel d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Pour la première fois, les Etats présents s’engagent, par le Préambule à la Déclaration Finale, à agir pour “économiser l’eau”, notamment dans le secteur agricole, et à préserver les écosystèmes aquatiques et de lutter contre les pollutions. Ils s’engagent également à des réformes institutionnelles dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, pour atteindre une plus grande transparence et participation de la population.
L'économie sociale canadienne fait 6 recommandations fortes à son gouvernement fédéral
February 27, 2009, by Pierre Johnson - No comments yet
Cinq importants réseaux canadiens, l’Association des coopératives du Canada, le Réseau canadien de développement économique communautaire, le Chantier de l’économie sociale, le Conseil québécois de la coopération
et de la mutualité et le Conseil Canadien de la Coopération représentant des milliers de coopératives, d’organismes communautaires et d’entreprises sans but lucratif de partout au pays, ont proposé un nouveau partenariat entre
les communautés et le gouvernement canadien en vue de bâtir des économies plus fortes, de s’attaquer à la pauvreté et d’investir dans des communautés durables.
Ces réseaux, enracinés dans toutes les régions du Canada, témoignent de la capacité de ce qui est appelé là-bas le développement économique communautaire de créer des communautés dynamiques et durables. Les entreprises et les organismes d’économie sociale, coopératifs ou sans but lucratif, ont réussi à répondre aux besoins locaux, notamment dans les domaines du logement, de la santé, de l’environnement, de l’agriculture, de la culture, des loisirs, du tourisme et des services de garde pour la petite enfance.
Dans beaucoup de collectivités locales, alors que des entreprises ferment leurs portes ou relocalisent leurs activités, les organismes de l’économie sociale appartenant à la communauté restent enracinées, offrent des services de qualité, créent des opportunités et maintiennent des emplois. Ces organismes ont un impact considérable. Le secteur coopératif canadien possède des actifs de 250 milliards de dollars. Les organismes du secteur coopératif ont plus de 17 millions de membres et eprésentent plus de 150 000 emplois. En 2001, la part du secteur sans but lucratif dans le PIB totalisait 25,4 milliards, ce qui représentait 2,5 % de l'économie canadienne. Ce pourcentage montait à 80,3 milliards, soit 6,8 % du PIB, si l'on incluait les hôpitaux, les universités et les collèges à statut sans but lucratif.
Les recommandations formulées par ces organismes pour les politiques fédérales sont :
1. Un plus grand rôle pour l'entreprise sociale dans les initiatives de revitalisation économique
Une première étape essentielle est l'examen des programmes existants pour les petites et moyennes entreprises afin d'assurer l'accessibilité des entreprises coopératives et sans but lucratif à ces programmes. Une autre initiative proposée est l'ouverture du programme de garantie de prêts pour les coopératives et les organismes sans but lucratif par la Banque de développement du Canada. La mise en place d'une politique d'achat encourageant les entreprises sociales est une autre piste à explorer.
2. Le soutien aux nouvelles coopératives et aux coopératives émergentes
Les nouvelles coopératives, tout comme les coopératives émergentes, ont besoin d'aide au démarrage. Le renouvellement et le déploiement du programme fédéral « Initiative de développement coopératif » (IDC) devrait être une priorité centrale. L'IDC et l'IDC-Agriculture ont contribué au financement de services conseils aux coopératives, au démarrage de plus de 200 coopératives et au développement de 1 500 coopératives en émergence. L’IDC a été prolongée pour seulement une année, tandis que l’IDC-Agriculture, qui soutient de nouvelles coopératives agricoles à valeur ajoutée, se termine le 31 mars, 2009.
3. Un soutien durable aux organismes de développement économique communautaire (DÉC) et le renforcement des capacités communautaires
es organismes de DÉC offrent de la formation et des services de développement dans des centaines de collectivités à travers le Canada. En adoptant une approche intégrée de développement économique et sociale, ils élaborent des montages financiers à partir de diverses sources. Par ailleurs, ils ont besoin d'un soutien gouvernemental stable afin de créer et de maintenir des emplois et le développement des entreprises. Les ministères du gouvernement fédéral doivent développer des approches concertées afin d'assurer un accès à un financement gouvernemental durable.
4. Le soutien aux ressources techniques et à l'expertise destiné aux entreprises sans but lucratif
Il n'existe actuellement aucun programme fédéral permettant de soutenir les entreprises sans but lucratif dans un processus de démarrage ou de faciliter la transition du modèle traditionnel sans but lucratif à un modèle plus entrepreneurial.
5. L’accès au capital
Les coopératives et les entreprises sans but lucratif n’ont pas accès aux investissements traditionnels, comme par exemple la vente de parts ; c’est pourquoi elles ont besoin de mesures fiscales ou d'autres mesures d’accès à du capital patient et d’autres formes de financement. Ces mesures doivent inclure la création de fonds de développement de capital patient avec des mises de fonds du gouvernement fédéral. La création d'un Régime d'investissement coopératif (tel qu'il existe au Québec), par lequel les membres d'une coopérative de travail ou agricole reçoivent un crédit d'impôt pour l'investissement dans leur coopérative, est une autre mesure qui encouragerait de nouveaux investissements.
6. Une stratégie canadienne de lutte à la pauvreté avec des cibles, des échéanciers et des ressources
Trois provinces, le Québec, Terre-Neuve-et-Labrador et récemment l'Ontario, se sont prononcés en faveur de stratégies de lutte à la pauvreté. Il y a encore trop de pauvreté dans notre pays prospère. Cette pauvreté a des impacts majeurs, particulièrement sur les femmes, les Peuples autochtones et les nouveaux arrivants. Le gouvernement du Canada doit travailler avec chaque province dans un esprit de coopération afin de développer des accords qui constitueraient la base d'une stratégie pancanadienne de lutte à la pauvreté. Dans le cadre d’une telle stratégie, il y aurait un besoin urgent d’un investissement fédéral dans le logement social, coopératif et sans but lucratif. À l'intérieur de cette stratégie, des organismes sans but lucratif, des entreprises sociales et des coopératives peuvent jouer un rôle essentiel dans le développement d’initiatives territoriales de réduction de la pauvreté.
Pour plus de renseignements le secteur et les activités de l’ESS au Canada, veuillez visiter les sites Web :
L’Association des coopératives du Canada : www.coopscanada.coop
Le Réseau canadien de développement économique communautaire : www.ccednet-rcdec.ca
Chantier de l’économie sociale : www.chantier.qc.ca
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité : www.coopquebec.coop
Conseil canadien de la coopération : www.ccc.coop
La levée du secret bancaire pour l'UBS : un premier pas vers une véritable régulation financière
February 20, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetSelon les quotidiens Le Temps et Le Matin, L'Union des Banques Suisses va donner les noms de 250 de ses clients au Département américain de la justice, levant ainsi le secret bancaire avec le soutien des autorités suisses. Les Etats-Unis, qui traquent les fraudeurs au fisc qui cachent de l'argent à l'étranger, avaient menacé de retirer sa licence bancaire à UBS.
Alors que les Etats européens et les Etats-Unis ont voté des programmes anti-crise qui leur coûteront des dizaines de milliards d'euros ou de dollars, l'existence du secret bancaire et des paradis fiscaux permet à au moins 1000 millards de dollars d'échapper aux impôts dans leurs pays, et à la transparence sur leur origine. Selon un économistes, cette décision pourrait être un signal fort envers les centaines de paradis fiscaux existants dans le monde (dont quelques dizaines en Europe), lorsque la Suisse appliquera les mêmes règles à l'Union Européenne que celles qu'elle va appliquer par rapport aux Etats-Unis.
Renflouer des entreprises à coup de dizaines de milliards dans en monde où les paradis fiscaux ont une place dorée et protégée, c'est comme verser de l'eau dans un seau troué : beaucoup s'en échappe, impossible à attraper. La semaine prochaine nous verrons que les monnaies complémentaires, et il en existe en Suisse, peuvent également être un outil fort pour contrecarrer la crise actuelle.
L’économie sociale et solidaire en 2009 : de Belem à Luxembourg
February 18, 2009, by Pierre Johnson - No comments yetDepuis le 1erForum Social Mondial, en janvier 2001 à Porto Alegre (Brésil) l’importance etla visibilité de l’économie sociale et solidaire dans le mouvement pour uneautre mondialisation vont croissantes. A chaque édition du FSM des centaines deséminaires réunissant les réseaux de ce mouvement ont lieu, ainsi que desateliers thématiques et autres rencontres sur l’ESS. Ce mouvement participe pleinement à son niveau au succès des forums sociaux, événements plus largesque ceux organisés par l’ESS elle-même, et qui lui donne l’occasion derencontrer d’autres types de mouvements.
Les thèmes discutés et les témoignages apportés sont assurément divers : commerce équitable, financessolidaires, démocratie et développement local, autogestion des entreprises, coopératives, économie populaire, monnaies sociales, indicateurs de richesse, auxquels s’ajoute maintenant : modes de développement soutenable,stratégies face à la crise financière internationale, entre autres. Les débats sont de plus en plus riches année après année.
L’économie sociale et solidaire s’ouvre également davantage aux mouvements sociaux :syndicalisme, mouvements de femmes, souveraineté alimentaire, pour les droits économiques, sociaux et culturels, etc. Cela inaugure bien de la préparation de la 4e rencontre Globalisation de la Solidarité en avril 2009, malgré les difficultés originelles de sa préparation.
Présence de l'économie social et solidaire au FSM de Belem
L’économie sociale et solidaire était bien présente au Forum Social Mondial 2009. Ses principaux organisateurs, le Forum Brésilien d’Economie Solidaire, le Réseau Intercontinental des Promoteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (RIPESS, officiellement constitué en 2004, en prolongementdes forums Globalisation de la Solidarité), l’Organisation Mondiale du CommerceEquitable (IFAT), INEES (organisation luxembourgeoise qui doit accueillir la prochaine rencontre du RIPESS) et le Fondation France Libertés, notamment, ont organisé plus de 115 ateliers et séminaires. Des milliers de personnes étaient présentes à ces ateliers et séminaires.
Le RIPESS était officiellement représenté pour la première fois au Forum Social Mondial 2004. Mais c’est au FSM de Nairobi en 2007 qu’il a présenté pour la première fois un programme fort et articulé, avec une centaine d’organisations. Pour Belem, son objectif était d’affirmer la confluence de l’économie solidaire avecd’autres réseaux et mouvements sociaux.
Les activités proposées à Belem ont connu un franc succès. La conférence du 30 janvier, proposant un dialogue avec les réseaux et mouvement sociaux, a eu 180 auditeurs dans une salle prévue pour 120. Les participations croisées ont été nombreuses, plusencore que d’habitude, affirmant l’esprit d’ouverture de ce mouvement. Plusieurs mouvements et coalitions internationales (Tax Justice Movement, Our World is Not for Sale, etc.) se sont ainsi associés au mouvement de l’ESS, dans la recherche d’alternatives et de solutions à la crise.
Mondialisation dumouvement de l’économie solidaire
Le Forum Social Mondial 2004, qui avait lieu pour la première fois sur le continent asiatique, à Mumbaien Inde, a été l’occasion, dans sa préparation et sa tenue, de trouver un langage commun entre les mouvements sociaux impliqués dans l’économie en Occident et en Asie du Sud et Sud-Est. Une partie importante de la « people’s economy » indienne s’est ainsi retrouvée et connectée au mouvement de l’économie sociale et solidaire, tel qu’il s’était construit au Québec, en Amérique latine et en Europe. Puis c’était au tour de l’Afrique de regrouper les initiatives se reconnaissant dans ce mouvement, à l’occasion de la troisième rencontre du RIPESS« Globalisons la Solidarité » en novembre 2005 à Dakar, qui fut un moment marquant de convergence et d’élargissement de ce mouvement, sous le slogan « Renforcer le pouvoir d’agir des peuples ».

L’impulsion donnée en Asie s'est poursuivie sur la lancée, puisque tous les deux à trois ans (2004, 2007…) a lieu en Asie du Sud-Est l’Asian Forum for Solidarity Economy, partie intégrante du mouvement international de l’économie sociale et solidaire.
Le monde anglo-saxon pour sa part connaît des mouvements très importants actifs soit dans le plaidoyer par rapport aux politiques économiques, soit dans le « développement communautaire ». Malgré la proximité géographique avec le Québec et l’Amérique centrale,culturelle avec l’Europe, le concept d’ « économie solidaire » y trouvait peu d’écho ou d’équivalent. En 2007, se forme pourtant un début de réseau d’économie solidaire aux USA, l’année du premier forum social de cepays. Le Forum Social Mondial de Belem a été l’occasion d’affirmer l’existence de ce réseau, qui pourrait être porteur de propositions pour l’ensemble du mouvement.

Logo duRIPESS, depuis la rencontre de Dakar 2005
Préparation de Lux 09
La prochaine rencontre internationale des réseaux d’économie sociale et solidaire (4e rencontre « globalisation de la solidarité ») aura lieu du 22 au 25 avril 2009 au Luxembourg. Le slogan pour cette édition est : « Une autre économie existe : les innovations de l'économie sociale et solidaire ». Un comité de pilotage se réunit régulièrement depuis 2 ans pour la préparer. 12 thèmes ont été choisis, et sont coordonnés par des organisations de l’ESS. Des mécanismes de solidarité sont prévus pour la participation d’organisation du Sud.
Une présentation a été faite à Belem de la rencontre Lux 09, et plusieurs nouvelles organisations ont adhéré au processus proposé par le comité de pilotage. Par exemple RENAPESS (Mali) et le Réseau Canadien de Développement Communautaire ont proposé d’organiser des ateliers en collaboration avec d’autres organisations. Cela devrait permettre à ce partenaire du Sud de mobiliser des fonds pour les délégations africaines à Lux 09. D’autres organisations, comme Caritas, leCCFD, les Maristas, ont affirmées être intéressés à soutenir les délégations du Sud.
La programmation Lux 09 prend forme, et plusieurs organisations ont respecté les délais pour soumettredes propositions. Le dialogue en ligne n’est pas aussi dynamique que souhaité, mais l’organisation des forums a cependant été allégée, et son efficacité accrue devrait faciliter la participation. http://forum.lux09.lu/

